Bannister Veuve Clicquot-Ponsardin

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| Sujet: SUZANNE ABBUEHL Jeu 4 Oct - 2:08 | |
| Retourner. Descendre. Revenir. Revoir. Rêver éveillé dans le noir. Aller vers le centre, au dessous, lentement, inexorablement. Loin sous la vie, loin sous l'usure, la peur mord comme un fauve de suie et de lait, un tigre lombaire aux yeux clos par la douleur des heures enfin remontées comme des ressorts à contre courant.
Tu as la clef de ce qui fût chez toi, mais tu n'y retournes pas. Tu passes. Mais quand le sommeil tombe sur la fosse où tu trempes tes draps, le souvenir de ton corps autrefois frais, de tes lèvres roses comme jaunes et blanches les pêches, surgit, furtif, intact, miraculeux. Et cela te suffit à continuer de finir, à continuer de suffire.

Ainsi la chanteuse Suzanne Abbuehl chante-t-elle, Joyce, William Carlos Williams et les chansons de l'enfance avec la force faisant ces murs de rage muette qui soutiennent la thèse de l'inaccessible, du là-bas et du si, loin, dans les maisons abandonnées, sous les arbres en sentinelles.
Extrait de l’album COMPASS, édifice exceptionnel de jazz vocal et de poésie pure, cet hypnotique et bouleversant Children Song emprunté à Chick Coréa que l’auteur de ces lignes a écouté pour la première fois le front collé contre la vitre d’un appartement de Zürich, voué par le riesling – le vin peut tout - à la fascination de la neige tourbillonnant sous les réverbères.
CHIDREN-SONG |
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