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Duppy Salmanazar

Age : 46 Inscrit le : 31 Juil 2007 Messages : 449 Localisation : Toulouse
| Sujet: Farid el Atrache Ven 10 Aoû - 22:45 | |
| Connaissez-vous Farid el Atrache ? Et bien je ne dirai rien sur lui, pour la simple raison que quelqu'un en parle beaucoup mieux ici :
Le blog d'Electro B-Girl : Just Appreciate Life
Juste un mot sur Farid el Atache : mélancolie.
Et au bout de l'article un lien miraculeux (Farid el Atrache pour les myopes) : la quasi intégralité de son oeuvre en écoute libre !
Il est d'ailleurs bien dommage que cette demoiselle ait arrêté d'écrire depuis plus d'un an. On peut lire chez elle de vrais passages emplis de sincérité, d'émotion et de saines colères : ici : La conscience de l'égo, ou là : 2 secondes de silence, ou encore ici : On ira tous au paradis, même moi, et encore là : Suisse-Schweisz-Svizzera-CHHHHwitzerland
J'aime bien les rencontres virtuelles comme celle-ci. Un peu comme les passantes... L'impression de croiser quelqu'un qu'on aimerait mieux connaitre. Un peu frustrant (parce que virtuel), mais tellement réconfortant. Cela m'aide à croire encore un peu à l'humanité... |
|  | | Bannister Veuve Clicquot-Ponsardin

Inscrit le : 23 Juin 2007 Messages : 1348 Localisation : Paris
| Sujet: Re: Farid el Atrache Sam 11 Aoû - 1:34 | |
| | Citation: | | L'impression de croiser quelqu'un qu'on aimerait mieux connaître. Un peu frustrant (parce que virtuel), mais tellement réconfortant. Cela m'aide à croire encore un peu à l'humanité.. |
On faisait autrefois ce genre de rencontre dans les trains, quand on pouvait ouvrir les fenêtres et s'y accouder en compagnie. Le vent de la nuit s'engouffrait dans les couloirs jonchés de valises, la braise des cigarettes s'effritait sur nos joues et les brûlait parfois. Le monde défilait, frais, et toutes les odeurs de l'été vécu par d'autres dans les pays traversés étaient aussi, un bref instant pour nous. Et nous parlions, des heures durant. Nous ne rentrions dans nos compartiments que pour y dormir à regret.
Ce temps est révolu me semble-t-il. Les fenêtres des trains sont closes et la climatisation souffle sur nous, sur notre viande.
Les rencontres étaient intenses car sans lendemains! Il fallait jouer le jeu faustien, accepter de payer la note plus tard, quand la solitude serait vive comme un couteau dans les reins.
Combien de femmes, d'hommes avons-nous rencontré? Combien de trajectoires un instant rompues par la ténacité, l'opiniâtreté dévolue au genre humain quand il sait s'oublier? Il doit y avoir une sorte de loi de la gravitation inhérente aux trains et qui abolit, tant qu'ils ne s'arrêtent pas, l'indécent raisonnable.
La splendeur des champs de tournesols brulés derrière les fenêtres des wagons plombés. |
|  | | Duppy Salmanazar

Age : 46 Inscrit le : 31 Juil 2007 Messages : 449 Localisation : Toulouse
| Sujet: Re: Farid el Atrache Sam 11 Aoû - 1:53 | |
| J'ai retrouvé un peu l'ambiance dont tu parles, et que j'ai bien connu, dans le dernier compartiment fumeur d'un Nantes/Toulouse, il y a deux ans. Soyons clairs, les vitres ne s'ouvraient pas, donc irrespirable, en plus en plein mois d'aout, sous canicule. Mais le dernier havre de convivialité du train, le refuge des fumeurs pestiférés. Et le seul endroit ou on communique encore, avec les vendeurs de sandwich et de boissons fendards et déconneurs, deux compagnons du batiment qui allaient bosser à Guzet dans l'Ariège (endroit que je connais bien), et des filles qui passent fumer une cigarette...
Au final une bonne partie de rigolade, de quoi faire passer les 7 heures de trajet. Sinon : wagon climatisé, avec mp3 sur l'oreille.
Pour l'anecdote, j'ai connu ma première aventure érotique dans un train de nuit partant de Pau en direction de la Grande-Bretagne. Bon, c'était pas terrible, mais cela reste un souvenir important pour moi ! |
|  | | Bannister Veuve Clicquot-Ponsardin

Inscrit le : 23 Juin 2007 Messages : 1348 Localisation : Paris
| Sujet: Re: Farid el Atrache Sam 11 Aoû - 1:59 | |
| | Citation: | | Juste un mot sur Farid el Atache : mélancolie. |
C'est ça, mélancolie. Bile noire. 5 dans tes yeux et le deuil sur tout ce que tu touches, tout ce que tu vois, tout ce que tu entends, tout ce que tu aimes, tout ce que tu dis, tout ce que tu penses, partout où tu vas.
Pas la nostalgie, le sentiment de la nostalgie.
Et donc, il faut s'y attendre, les tangos d'Atrache, ceux d'avant guerre, sont d'une tristesse sans nom. Des puits sans fond.

Il y avait un pont de bois construit par les allemands en 1912 à la mode ottomane et qui autrefois traversait le Bosphore à Istanbul et qui a été démonté il y a 15 ans - la photo a été prise à l'époque où j'y étais. C'était un des rares endroits où on pouvait consommer de l'alcool et de la drogue. J'y ai passé des nuits à boire du vin, avaler des soupes de tripes brulantes, tirer sur le narghilé en écoutant ces vieilles cires au milieu de mecs qui semblaient ne plus savoir où aller. Il y avait encore des levantins et c'était de loin les plus désespérés. Je me souviens d'un Prince de Lusignan dont les ancêtres étaient arrivés devant la tour des Galates avec Villehardouin; il avait chez lui une pleine collection d'albums de F.E.Atrache. Un caractère aussi inconsolable que les deux rives du Bosphore.
Dernière édition par le Sam 11 Aoû - 2:18, édité 2 fois |
|  | | Bannister Veuve Clicquot-Ponsardin

Inscrit le : 23 Juin 2007 Messages : 1348 Localisation : Paris
| Sujet: Re: Farid el Atrache Sam 11 Aoû - 2:11 | |
| | Citation: | | Pour l'anecdote, j'ai connu ma première aventure érotique dans un train de nuit partant de Pau en direction de la Grande-Bretagne. Bon, c'était pas terrible, mais cela reste un souvenir important pour moi ! |
Je pense que tu as vu ce film inoubliable qu'est Dans la Ville Blanche de Tanner? Te souviens-tu des derniers plans où l'on voit Ganz dans un compartiment de train face à une jeune femme dont la beauté éblouissante est comme diaprée, nimbée, par les rayons du soleil qui pénètrent difficilement dans le train et dorent la poussière autour de cet adorable visage? Tout ce qu'il n'a pu retrouver dans la ville s'en va avec lui, malgré lui.
Je ne sais pourquoi mais j'ai toujours associé ce film à la nouvelle de Musil La Portugaise, qui est un texte d'une très grande portée. A un moment précis de leur histoire, ils ont créé, ou plutôt réinventé la même chose, la même histoire. |
|  | | Duppy Salmanazar

Age : 46 Inscrit le : 31 Juil 2007 Messages : 449 Localisation : Toulouse
| Sujet: Re: Farid el Atrache Sam 11 Aoû - 2:21 | |
| Je n'ai pas lu La Portugaise de Musil, je n'ai lu que Les Désarrois de l'élève Törless. Un petit tour sur Google et je vois que c'est une des 3 nouvelles de Trois Femmes. Je vais chercher, ça m'interesse.
Ah Dans la ville blanche est un de mes films préférés, inoubliable ! Je crois qu'on peut parler de mélancolie là aussi. Bruno Ganz est magnifique, tellement humain. Et Lisbonne tellement belle (je n'y suis jamais allé, quelle erreur ! ). Ce dernier plan est superbe oui.
Mais ne comparons pas avec mon histoire à moi, la fille était moins belle, et en aucune façon éblouissante. Il devait pleuvoir, et je n'étais qu'un adolescent boutonneux... |
|  | | Bannister Veuve Clicquot-Ponsardin

Inscrit le : 23 Juin 2007 Messages : 1348 Localisation : Paris
| Sujet: Re: Farid el Atrache Sam 11 Aoû - 2:24 | |
| | Citation: | Mais ne comparons pas avec mon histoire à moi, la fille était moins belle, et en aucune façon éblouissante. Il devait pleuvoir, et je n'étais qu'un adolescent boutonneux... |
Au moment où tu l'as aimée, elle était forcément belle.
Bonne nuit Duppy. |
|  | | Rom Balthazar

Inscrit le : 08 Juil 2007 Messages : 532 Localisation : Bruxelles
| Sujet: Re: Farid el Atrache Sam 11 Aoû - 9:59 | |
| Ici une video en compagnie de Samia Gamal. _________________ N'entres pas dans mon âme avec tes chaussures.(proverbe tzigane) |
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