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 VALAIDA SNOW

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Rom
Hazarbalthazar
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Nombre de messages : 674
Localisation : Bruxelles
Date d'inscription : 09/07/2007

MessageSujet: VALAIDA SNOW   Mer 18 Juil - 13:19

un roman





trompet
and singer

extraits et bio

_________________
N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures.(proverbe tzigane)
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Bannister
Dom Perignon
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Nombre de messages : 1955
Localisation : Paris
Date d'inscription : 23/06/2007

MessageSujet: Re: VALAIDA SNOW   Mer 18 Juil - 15:08

Évidemment, il était indispensable de publier quelque chose sur Valaida Snow, pour de nombreuses raisons dont certaines vont delà de l’intérêt musical.

Valaida Snow était une femme, artiste au sens le plus noble du terme, multi- instrumentiste, chanteuse, danseuse, arrangeuse, douée d’une grande intelligence et d’une indépendance d’esprit que mentionnent tous ceux qui l’ont rencontrée. Indépendance d’esprit qui la mènera au scandale d’abord en lui faisant épouser un homme plus jeune qu’elle Ananais Berry puis à quitter son pays, fatiguée, exaspérée par l’apartheid et le sexisme outrancier de la société américaine de la fin des années trente, pour s’installer au Danemark où elle fut arrêtée par la gestapo et déportée à Vestre-Faengle, un camp où les conditions de survie étaient minces.

Il faut ici dire combien les motifs invoqués – consommation et détention de stupéfiants, vols - pour la forme par les nazis auprès des autorités consulaires américaines furent minces mais visiblement suffisantes pour qu’il ne soit procédé à son rapatriement après un échange 18 mois après. En réalité, les nazis déportaient, pour des raisons liées à leur politique raciale et presque systématiquement, leurs ressortissants noirs originaires des colonies allemandes en Afrique, dont le Togo, ainsi que les prisonniers antillais ou sénégalais capturés lors de la campagne de France dans des camps de concentration voire d’extermination. Et s’il y eut peu de prisonnier noirs américains dans cette situation, c’est que l’armée américaine elle-même, par racisme, comptait très peu de noirs dans ses rangs et les reléguait loin du front dans des troupes auxiliaires – lire le témoignage du chanteur John Hendricks.

Valaida Snow fut donc traitée comme un animal et non comme un être humain à Vestre-Faengle, probablement violée et battue, humiliée, affamée au point qu’ à son retour au Etats-Unis, en 1943, Earl Hines, qui avait été son amant, et le danseur Fayard Nicholas ne la reconnurent pas. Elle mourut en 1953 extrêmement diminuée.

Demeure le souvenir de sa rayonnante beauté et d’un jeu de trompette sans cesse inventif et d’une rare intensité dont il me semble, mais cela n’engage que ma fantaisie, que celui, délicatement coloré dans les ballades, d’un Nicolas Payton ne l’a pas oublié.



Je joins à cette réponse le témoignage, de John William, un ivoirien déporté à Neuengamme et qui est toiré du livre de Serge Bilé, Des noirs dans les camps nazis.

Les nazis sont omniprésents dans Paris et ont un comportement méprisant envers lui. Il s’installe à Montluçon pendant l'occupation est y est embauché comme outilleur. Un soir une bombe explose dans une usine et il est arrêté par les Allemands. Il refuse alors de dénoncer un camarade et est emprisonné à Moulins puis envoyé quelques temps plus tard dans le camp de concentration de Neuengamme au nord de l’'Allemagne. Les Allemands gardent leurs distances avec l’ensemble des déportés noirs: Quand nous sommes sortis du convoi, nous étions une dizaine de Noirs, une dizaine de Neger comme ils nous appelaient. Les SS nous ont mis à part dans un block et ils se sont mis les uns après les autres à nous toucher la peau. Ils nous touchaient et ils se regardaient les mains pour voir si ca ne déteignait pas. En fait, beaucoup d’entre eux n’'avaient jamais vu de Noirs et ils nous considéraient comme des hommes de Cro-Magnon" Il est affécté à l’atelier mécanique du camp et est dispensé de travaux forcés grâce à ses talents de mécanicien. Il raconte ce moment de sa vie si douloureux : « Un jour, un colonel SS est arrivé au camp. Et il est venu visiter la Metalwerk ou je travaillais. On fabriquait notamment des cigarettes et on était payé quinze cigarettes la semaine. En fait, il n'’y comprenait rien On lui avait dit que les Africains étaient des hommes de Cro-Magnon, et il ne comprenait pas comment moi, en tant qu’Africain, j'arrivais à lire des plans industriels écrits en allemand et à travailler l’acier au centième de millimètre. Ca l’'avait complètement suffoqué. Il m’a regardé travailler pendant au moins dix minutes, et, comme ca l'’intriguait vraiment, il a fini par faire venir un interprète pour me questionner. Alors, bien sur, à chaque question qu'’il me posait, je poussais le zèle jusqu’à lui répondre en allemand sans attendre que le traducteur intervienne. Quand il est parti, il fallait le voir hocher la tête. Il a sûrement dû en rentrant chez lui se poser des questions sur la prétendue supériorité de la race aryenne". .John William souffre énormément pendant cette période et perd de nombreux kilos. Pourtant il a une situation de privilégié par rapport aux autres prisonniers :« Au camp, de tous les noirs, il n’y avait que moi qui était bien traité parce que ‘étais mécanicien de précision. Les autres, malheureusement, travaillaient dans les carrières. Et Hambourg a un climat très dur. L’'hiver, il y fait une température quasiment sibérienne et, pour un Africain, c’était très difficile à supporter. » Mais plus le temps avance et plus la guerre change. C’est ainsi que des avion anglais et américains survolent le camp pour aller bombarder le port de Hambourg. Finalement, en Mai 1945, le camp est libéré par l’'armée américaine mais beaucoup de noirs n’auront pas la chance de John William : « Je crois que la moitié des Noirs sont morts. Le froid, le manque de nourriture, le corps qui se desséchait. C’était terrible. Les Africains ne supportaient pas très bien tout cela. » John William laissera tomber son métier de mécanicien pour se lancer dans le show-biz ou il composera des chansons comme « La chanson de Lara » ou encore « Le chant des Marais » dans laquelle il raconte la dureté, la monotonie mais aussi l’horreur des camps de concentration.

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