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 HELEN MERRILL OVER THE OKADA'S NAPE

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Bannister
Dom Perignon
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MessageSujet: HELEN MERRILL OVER THE OKADA'S NAPE   Dim 16 Nov - 17:23



Désabusée à la manière de celle qui redescend la pente après l’avoir montée sous la fournaise et la caillasse, dans l’ombre fraîche, les pieds nus sur un épais tapis d’aiguilles de pin. Sensation unique de la voix d’Helen Merill presque revenue d’entre les morts et les pierres, portant encore la morsure du feu, continuant de brûler en négatif comme s’écoule, chantant son hymne lointain, l’eau souterraine.

Ainsi chante déjà celle qui grave A Cigarette For Company avec l’orchestre d’Earl Hines en 1952, s’engageant sur l’étrange pente saturnienne qu’elle en cessera plus jamais de dévaler, bon mal an, avec une distinction aérienne et le phrasé d’un félin se roulant dans la cendre du temps.

Une longue carrière entre chien et loup, des caves romaines où se débattaient, la tête dans la poudre et le néant à l’étiage, les vitteloni de la fin des années 50, aux merveilleux clubs japonais si bien filmés 10 ans plus tard par Yoshida – nous ne pouvons pas, à ce sujet, nous empêcher de penser au fait que cette jeune chanteuse croate répondant au nom de Jelena Ana Milcetic a du lancer ses sombres incantations du haut d’une estrade sous laquelle tournait lentement, comme une pure volute d’opium blanc, la nuque de Mariko Okada!

Et quelques grandes sessions orchestrées comme des messes païennes, par exemple celle de 1954, écrite par Quincy Jones, où elle grave pour Mercury, creusant profond dans la couche lente du swing un fascinant tombeau de beauté en présence de Clifford Brown et, comme disent les anglo-saxons, du tardif Oscar Pettiford.

Les sessions arrangées par Evans sont moins connues, celles supervisées par Richards presque confidentielles. Et pourtant ! Cette chanteuse délicate n’est plus qu’une âme crue, fantasque, sauvage et tendre au milieu du théâtre impressionniste dressé par Richards et livré à l’abandon des sens dans ce magnifique Glad To Be Unhappy enregistré en compagnie des faunes le 29 juillet 1956.

GLAD TO BE UNHAPPY


Extrait de l'album Dream of You Emarcy/ Mercury MG-36078


Dernière édition par Bannister le Jeu 27 Nov - 4:27, édité 7 fois
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46610
Nabuchodonosor
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MessageSujet: Re: HELEN MERRILL OVER THE OKADA'S NAPE   Dim 16 Nov - 18:41

Les exils doivent être propices au destin original et unique, en particulier si le talent est là.
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Bannister
Dom Perignon
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MessageSujet: Re: HELEN MERRILL OVER THE OKADA'S NAPE   Dim 16 Nov - 19:12

46610 a écrit:
Les exils doivent être propices au destin original et unique, en particulier si le talent est là.

Absolument. Ce que tu écris ici est très juste. L'exil est une chose importante dans le jazz américain où le déracinement et l"éloignement, la relégation, l'emprisonnement construisent le paysage quotidien des musiciens, surtout à la fin des années 50 où les artistes durent pour la plupart aller chercher fort loin les engagements et les contrats qui se faisaient de plus en plus rares. Ainsi à un Gourley voulant fuir les vicissitudes et l'instabilité permanentes d'un monde interlope ravagé par la drogue il faut ajouter, dans le désordre complet des genres, les Merrill, Baker, Webster, Dolphy, Clarke, Gordon, O'day, Jones, partis en Europe ou au Japon trouver un second ou un troisième souffle auprès de publics plus sensibles et demeurés attachés au jazz quand l'Amérique tombait par le travers des médias de masse dans la soupe variétale.

Mais il y a aussi un autre exil, à l'intérieur de soi, de son histoire et qui remonte le cours de la généalogie des mots et des notes qui fonde le blues et installe nombre de musiciens et chanteurs, d'interprétations même dans l'ombre d'un monde perdu, pas forcément agréable, mais toujours séminal. Quand Billie Holliday chante, par exemple, When It's Sleepy Time Down South dans l'ultime et souveraine gravure derrière l'orchestre de Ray Ellis.

Un exil qui va de l'avant aussi, comme s'il était possible de repasser là où le temps dit non. Ex:dans le poignant Maybe Next Year de Duane Tatro.
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Johnnie
Veuve Clicquot-Ponsardin
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MessageSujet: Re: HELEN MERRILL OVER THE OKADA'S NAPE   Lun 17 Nov - 12:13

Je suis un peu plus réservé que vous sur ce sujet. J'ai du mal à admettre que l'exil a façonné peu ou prou le jazz américain. Je pense que cette musique portait (et porte toujours) en elle suffisamment d'originalité pour ne pas être déterminée par des incitations telles que la notion d'exil par exemple. Si cette influence est avérée, elle l'est plus à mon avis par le contenu des textes que par la musique en elle-même. Mais ce n'est qu'un point de vue et on peut en discuter à l'infini sans pouvoir trancher dans un sens ou dans l'autre.
Ce qui est sûr, c'est que Helen Merrill est une grande dame du jazz. J'avais eu la chance de la voir en concert en 1992 à Paris où elle était accompagnée par Michel Legrand et son Big Band. J'avoue cependant que je me suis écarté de sa production, estimant que son style est un peu trop "daté" dans le sens où il semble se confondre avec l'école "hollywoodienne" du début des années 50 et qui ne parait pas être ce que l'on a fait de mieux. En clair : trop identifié au cinéma et à son côté "sucré" à cette époque...
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ptilou
Nabuchodonosor
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MessageSujet: Helen M.   Lun 17 Nov - 13:02

Un peu le même avis, mais je l'ai vu avec plaisir début nineties au New Morning avec le pianiste anglais Gordon Beck. Une grande chanteuse de jazz.
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Manuk
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MessageSujet: Re: HELEN MERRILL OVER THE OKADA'S NAPE   Lun 19 Jan - 22:12



J'aime particulièrement la période italienne d'Helen Merrill, notamment l'album Parole E Musica (1961-RCA) avec Piero Umiliani et la voix sensuelle de Fernando Caiati, plus rare cette session enregistrée en 1960 sur le label Cetra (EPD46) avec Gianni Basso (sax ténor), Dino Piana (trombonne), Renato Sellani (piano), Giorgio Azzolini (bass) et Franco Tonani (drums).

Extrait : I've Got You Under My Skin (jazz In Italy)

Extrait : Why Don't You Do Right (Parole E Musica)
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Johnnie
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MessageSujet: Re: HELEN MERRILL OVER THE OKADA'S NAPE   Lun 19 Jan - 22:40

C'est effectivement de très bonne facture et, en tout cas, plus "moderne" que ce que j'ai pu entendre d'elle par ailleurs (voir un de mes posts précédents sur le sujet). L'intro du 2° titre fait un peu "Cosa Nostra" mais l'intervention de Helen Merrill qui suit est parfaite. Ma remarque se veut évidemment teintée d'humour car j'apprécie beaucoup la musicalité de la langue italienne bien que la comprenant fort peu...
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Manuk
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MessageSujet: Re: HELEN MERRILL OVER THE OKADA'S NAPE   Lun 19 Jan - 23:41

Citation :
C'est effectivement de très bonne facture et, en tout cas, plus "moderne" que ce que j'ai pu entendre d'elle par ailleurs

Voici Helen Merrill en 1965 avec Dick Katz sur l'album The Feeling Mutual. Elle est accompagnée au piano par Dick Katz, Thad Jones (cornet), Jim Hall (guitare), Ron Carter (bass), Arnie Wise / Pete LaRoca (drums). Vivement recommandé.

En 1968, Dick Katz enregistre à nouveau avec Helen Merrill, A Shade of Difference. Ces deux albums ont été réédité il y a une dizaine d'années sur le label Gitanes Jazz Productions.

Extrait : It Don't Mean A Thing (The Feeling Mutual)
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46610
Nabuchodonosor
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MessageSujet: Re: HELEN MERRILL OVER THE OKADA'S NAPE   Mer 21 Jan - 23:22

Johnnie a écrit:
Je suis un peu plus réservé que vous sur ce sujet. J'ai du mal à admettre que l'exil a façonné peu ou prou le jazz américain. Je pense que cette musique portait (et porte toujours) en elle suffisamment d'originalité pour ne pas être déterminée par des incitations telles que la notion d'exil par exemple. Si cette influence est avérée, elle l'est plus à mon avis par le contenu des textes que par la musique en elle-même. Mais ce n'est qu'un point de vue et on peut en discuter à l'infini sans pouvoir trancher dans un sens ou dans l'autre.

J'écoutais ce soir un critique musical et un musiciens professionnel, tous les deux connus.. Ils trouvaient formidables la culture exhaustive des jeunes musiciens d'aujourd'hui. Et tous ça grâce à quelques clics sur le web.
Cette phrase me revenais à l'esprit "L’ennui naquit un jour de l’uniformité Mais je sais pas si cela reste valable pour ce qui est de l'ensemble de la production musicale.
L'originalité n'est elle pas le fait d'une certaine singularité ?
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Bannister
Dom Perignon
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MessageSujet: Re: HELEN MERRILL OVER THE OKADA'S NAPE   Mer 21 Jan - 23:28

46610 a écrit:
Johnnie a écrit:
Je suis un peu plus réservé que vous sur ce sujet. J'ai du mal à admettre que l'exil a façonné peu ou prou le jazz américain. Je pense que cette musique portait (et porte toujours) en elle suffisamment d'originalité pour ne pas être déterminée par des incitations telles que la notion d'exil par exemple. Si cette influence est avérée, elle l'est plus à mon avis par le contenu des textes que par la musique en elle-même. Mais ce n'est qu'un point de vue et on peut en discuter à l'infini sans pouvoir trancher dans un sens ou dans l'autre.

J'écoutais ce soir un critique musical et un musiciens professionnel, tous les deux connus.. Ils trouvaient formidables la culture exhaustive des jeunes musiciens d'aujourd'hui. Et tous ça grâce à quelques clics sur le web.
Cette phrase me revenais à l'esprit "L’ennui naquit un jour de l’uniformité Mais je sais pas si cela reste valable pour ce qui est de l'ensemble de la production musicale.
L'originalité n'est elle pas le fait d'une certaine singularité ?

Le singulier fuit le parfait. La perfection a l'odeur insoutenable de la décomposition. Blanchot.

Et la décomposition, c'est l'ennui, la fin de la forme, le règne de l'informe, de l'immuable pesanteur, du forcément conforme.
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